Coup d’œil sur le marché du blé : augmentation des prix ou encore production à l’internationale, on vous dit tout !

Chaque année, la France produit en moyenne 30 millions de tonnes de blé. Il s’agit d’une ressource importante pour notre pays, puisqu’elle contribue à l’économie nationale.Si les exportations ont diminué ces dernières années, le prix de la tonne de blé, quant à lui, ne cesse d’augmenter. Mais à quoi est dû ce changement ?

Comment fonctionne le marché du blé ?

En France, nous produisons plusieurs céréales mais l’une des principales est le blé. On notera qu’il existe plusieurs types de blé, mais les deux principaux sont le blé dur et le blé tendre.

C’est avec le blé dur que nous faisons les pâtes, la semoule ou encore le boulghour par exemple. Celui-ci est difficile à cultiver puisqu’il nécessite un climat chaud. À l’inverse, le blé tendre ou froment, est utilisé pour faire de la farine. Plus simple à produire, il s’adapte aux variations climatiques.

Blé dur ou Blé tendre en France ?

La France est connue à l’étranger pour son bon pain. Alors c’est sans surprise que nous produisons en majorité du blé tendre. Selon FranceAgriMer, le blé tendre représente  54 % de la production totale de céréales, devant le maïs (21 %), les orges (18 %) et le blé dur (3 %).

Qui sont nos principaux clients ?

Une partie de nos récoltes est destinée à la consommation nationale. Qu’elle soit pour l’humain, notamment pour le pain, ou encore pour le bétail car nous produisons également de la viande en France. Une majeure partie de notre production est destinée aux exportations.

Depuis des années, nos principaux clients sont l’Algérie en première position, la Chine et le Maroc. Le blé français est apprécié des autres pays puisqu’il est riche en protéines et de bonne qualité. Bien que appréciée, notre céréale est chère. Ce qui encourage nos clients à se tourner vers d’autres pays européens tels que l’Allemagne ou la Pologne qui voient leur production augmenter chaque année.

Où se situent nos concurrents ?

Si nous étions en tête de liste en termes de production de blé auparavant, la France a été rattrapée par d’autres pays. Notamment par la Russie. En 2017, celle-ci était le premier exportateur grâce à ses étendues de terre. En effet, la Russie compte 29 millions d’hectares de terres de blé, soit 12% des terres mondiales dont une majeure partie borde la mer Noire. Nous pouvons noter qu’en plus de ses étendues, la Russie possède également des coûts de production, de main d’œuvre et d’infrastructures moins élevés qu’en France.

De plus, avec le réchauffement climatique, de nombreuses terres sont devenues cultivables à l’étranger. Ce qui accroît le nombre de pays producteurs de blé. Ainsi, l’Australie, l’Argentine ou encore la Pologne peuvent désormais cultiver cette céréale.

Quelles sont les principales raisons de l’augmentation du prix du blé ?

Depuis l’année dernière, nous observons la croissance continue du prix du blé. Nous pouvons constater sur le graphique ci-dessous qu’entre mars 2021 et mars 2022, nous sommes passés d’environ 200 euros la tonne de blé tendre à 322,5 euros la tonne en mars 2022 selon les chiffres communiqués par Agritel. Soit une augmentation d’environ 122 euros par tonne de blé tendre sur un an.

Comment expliquer cette envolée de prix ?

Les faibles stocks mondiaux et la tendance de l’offre et de la demande

Comme nous l’évoquions plus haut, le blé tendre est une céréale qui nécessite une météo particulière pour son développement. L’année passée a été compliquée pour les agriculteurs car le contexte météorologique était instable. En effet, en France nous avons eu beaucoup de pluie ce qui a impacté les récoltes.

Si nous avons observé des pluies records en Europe, d’autres pays ont également été touchés par le climat tels que le Canada ou les Etats Unis. À l’opposé, c’est la sécheresse et les inondations qui ont impacté leurs récoltes. Des “dômes de chaleur” ont affecté ces deux pays.

En résumé, le contexte climatique actuel provoque une diminution des récoltes de blé. Cela pousse les pays à importer davantage de blé car leurs récoltes ne leur suffisent pas à se fournir eux-mêmes. En conséquence, la demande augmente quand l’offre diminue. Par ailleurs, le prix du blé étant volatil, celui-ci peut facilement doubler car il dépend de la disponibilité sur le marché mondial.

Le contexte géopolitique joue également un rôle dans le commerce international. Le conflit actuel qui oppose l’Ukraine et la Russie impacte directement le marché du blé. Pour rappel, la Russie est le premier fournisseur mondial de blé quand l’Ukraine est le cinquième. Cette guerre risque d’impacter les exportations futures ainsi que les stocks de blé dans ces pays.

Rédigé par Léa Mari